mercredi 9 mai 2007

Dura lex, sed lex


Genève en grande cérémonie pose la première pierre de l'annexe à la prison.

On peut en saluer le confort promis : 64 cellules individuelles avec TV, frigo, interphone, sanitaires... Un autre débat est celui entrepris par le Grand-Conseil qui s'interroge pertinemment sur l'opportunité de bien trop nombreuses détentions et dénonce les carences de l'Autorité qui y préside. Alors le confort proposé ne compense ni ne répare l'inutilité de la détention.

mardi 8 mai 2007

Vanités

Une législature s'achève et la Ville de Genève fait le ménage. Elle retrouve des projets envoyés par centaines qu'elle écarte de quelques mots qui disent son désintérêts.

Pour le publier une forêt s'est évanouhie, alors j'imagine chacun de ses arbres bien inutilement coupés :

la peine ressentie, si souvent moteur de l'idée,
la dispute qui préside à sa formulation,
le vote qui se conquiert,
l'étude qui fait la "société civile" s'en mêler,
et le vote encore, final cette fois, qui fait de la peine d'alors déjà bien plus qu'une promesse.

Et lire sous la plume du Conseil administratif tandis que le temps a passé son désintérêt inspiré autant par la paresse que le mépris.

À ces arbres abattus, en guise d'oraison, dédier ces mots empruntés à Henri Michaux :

"Et le chef faisait force gestes de protestations, mais sa voix était devenue si petite qu'on se demandait qui aurait accepté de tenir compte de ce qu'il disait, comme si un grain de riz s'était mis à parler" (tiré de Plume)

lundi 7 mai 2007

Quel sourire !


Voyant les images de Mme Royal hier soir s'adressant à ses partisans, comment ne pas être ébahi par ce sourire généreux, sincère et réparateur vis-à-vis de ses militants. Et me dire que si elle avait préféré ce sourire là à sa "juste colère" du mercredi d'avant, le cours de l'élection en aurait peut-être été changé.


Et il en est ainsi de la politique, elle est affaire d'idées et de conviction, c'est ici le travail de fond, mais aussi de la foi pour les porter, d'assurance pour les voir grandir et de ce sourire qui les fait se partager enfin.

dimanche 6 mai 2007

Réconciliation


Les samedis de pluie remplissent les foires
et font déserter les marchés.
Agitation,
comme un besoin d'épuisement.

Au soleil de dimanche
c'est à la chaleur des pierres sèches
que l'on évoque ce dieu
qui nous rend le silence.

samedi 5 mai 2007

L'orage




Deux mois d'absence, le temps des élections ici plus que là-bas.
choisir le silence plutôt que l'agitation et les émois.
Entre-temps, tout change
c'est ce que l'on lit.
Pourtant le désert reste le désert
et l'orage n'y peut rien.

dimanche 11 mars 2007

Jurisprudence vaudoise


la Vérité sortie du puits, Edouard Debat-Ponsan


Dogu Perinçek a été pertinemment condamné vendredi dernier par un Tribunal vaudois qui constatait simultanément faire oeuvre de jurisprudence en matière d'histoire de l'Arménie . Mais il faut souligner l'impossible procès et la reculade des Droits de l'Homme. Comment un homme accusé de négationisme peut-il être au bénéfice d'un procès équitable si les témoins appelés, l'avocat en charge de la défense ne sont eux-mêmes au bénéfice d'aucune immunité et condamnés en conséquence au silence ?

Puisque c'était la première fois que la question du génocide arménien était portée devant un Tribunal, il était nécessaire, à cette occasion au moins, que le débat ait lieu, que chacun puisse exprimer son point de vue et de la sorte se convaincre définitivement de sa réalité.
La vérité ne sort pas du puits, mais du débat. Et ici, un jugement sans doute juste est sans doute arbitraire aussi.


jeudi 1 mars 2007

Soupe à la grimace

© BPU Genève, fonds Jules Perrier


La Ville de Genève se sait dès aujourd'hui le chef d'orchestre de la culture genevoise. Voilà un coup de maître réussi par Patrice Mugny, que chacun salue à sa juste valeur. Et aux excellents arguments qui plaident en faveur de ce transfert de compétence de la Tribune du jour, des blogs de Pierre et de Renaud, j'ajoute volontiers que de responsabiliser le Magistrat en charge de la culture est une très bonne politique libérale et j'y souscris non moins. Peut-être même que jamais par le passé en Suisse un Magistrat a assumé une telle responsabilité. C'est là sans doute une excellente perspective.

Et la contre partie, parce qu'il y en aura nécessairent une, ce sera l'augmentation de l'imposition municipale de 10 % afin de dégager des recettes supplémentaires de 50 millions de francs. La moitié servira à compenser le désengagement de l'Etat de Genève vis-à-vis de la culture, l'autre à l'entretien du ménage municipal. Et un référendum est exclu. Que la gauche ou la droite le lance et le gagne, ce serait aux pans de la culture à laquelle elle est le plus attachée qu'elle devra renoncer. Au rugby je ne sais pas comment ça s'appelle, mais en foot, c'est un auto-goal

Ce soir, les belles promesses électorales qui sont sur toutes les affiches sont du vent, déjà, avant même que l'on ait dépouillé le scrutin. Et à cet égard, la politique ne change pas, on pleurera un peu et on fera ensuite avec, puisqu'on ne peut déjà plus faire autrement.

Chapeau bas Maestro !